Quand ils sont petits…
Quand mes enfants étaient petits, j’étais persuadée d’une chose : un jour, la rentrée scolaire serait plus simple. Je regardais septembre arriver avec ses listes de fournitures, ses inscriptions aux activités, ses nouveaux horaires et cette impression de devoir penser à tout en même temps, en me disant qu’il suffisait d’être patiente. La charge mentale à ce moment là, est à son paroxisme. Alors on savoure les vacances jusqu’au 20 août. Parce que la fin des vacances pointe son nez et qu’il va falloir être prête pour la rentrée scolaire.
C’est justement à cette période où je me disais que dans quelques années encore et ils seraient autonomes. Ils prépareraient leurs affaires seuls, géreraient leur emploi du temps et je pourrais enfin vivre une rentrée scolaire relativement tranquille. Quelques années plus tard, je peux le dire : j’étais assez loin de la réalité 🙂
Bien sûr, les choses changent. Quand les enfants sont petits, la rentrée est très concrète. Il faut acheter les fournitures, étiqueter parfois la moitié de la maison, reprendre le rythme du coucher et réussir à partir le matin avec des enfants habillés, nourris et, idéalement, chaussés. Il faut également jongler avec les activités de chacun, les réunions de rentrée scolaire et les papiers à remplir. C’est fatigant, mais finalement assez simple dans son fonctionnement : il y a beaucoup à faire et on le fait.

Puis un jour, ils deviennent grands
Puis les enfants grandissent et on commence doucement à se retirer de l’organisation de la rentrée scolaire. Enfin, en théorie. On ne prépare plus le cartable, mais on demande quand même s’il est prêt. On ne vérifie plus les devoirs, mais on aimerait bien savoir s’ils sont faits. On ne choisit évidemment plus les vêtements, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour tout le monde. Et surtout, on découvre une nouvelle difficulté : les laisser faire seuls alors que nous savons pertinemment qu’ils vont parfois oublier quelque chose.
C’est là que les choses deviennent finalement plus subtiles. Avec un petit, on aide parce qu’il ne sait pas encore faire. Avec un adolescent, on sait qu’il peut faire seul, mais on ne sait pas toujours jusqu’où le laisser se débrouiller. Est-ce que je lui rappelle son contrôle ? Est-ce que je le laisse gérer ? Est-ce que je donne mon avis ou est-ce que j’attends qu’il me le demande ? Il n’y a évidemment pas de réponse parfaite et, comme souvent avec les enfants, on navigue un peu à vue.
Et c’est là tout le problème : trouver un juste équilibre. Savoir prendre ses distances, juste ce qu’il faut, pour continuer à le guider. Même si l’on sait pertinemment qu’il faut le laisser faire ses erreurs, il est souvent difficile de le laisser en roue libre. Comme il a été difficile de ne pas se précipiter sur lui lorsqu’il tombait au sol alors qu’il apprenait à marcher, ne pas intervenir dans certains cas peut-être un supplice.
Et il grandit encore…
Et puis les préoccupations changent elles aussi. Le cahier oublié laisse progressivement la place aux histoires d’amitié, aux résultats scolaires, aux choix d’orientation et aux premières vraies déceptions. Autant de choses que l’on ne peut pas résoudre en passant rapidement à la papeterie du coin. Il faut apprendre à écouter sans forcément proposer immédiatement une solution, à rassurer sans minimiser et parfois simplement à être là.
Après le lycée, on pourrait croire que cette fois, c’est bon. Ils sont grands. La rentrée scolaire devrait enfin devenir leur affaire. Sauf qu’arrivent les inscriptions, les études, le logement, le budget, les démarches administratives ou parfois un départ loin de la maison. Et nous voilà confrontées à une nouvelle étape : celle où il faut vraiment les laisser prendre leurs décisions, faire leurs expériences et, parfois, leurs erreurs. Ce qui n’empêche absolument pas de se demander s’ils ont bien envoyé ce fameux dossier avant la date limite. La gestion à distance, j’ai connu. Et je peux vous dire que pour une maman qui a toujours été très (peut-être trop) présente, c’est un calvaire !

La solution ?
Finalement, je crois que j’ai longtemps confondu « grandir » et « devenir plus simple ». Nos enfants deviennent effectivement plus autonomes, mais notre rôle ne disparaît pas, il se transforme. On fait moins à leur place, on accompagne davantage. On règle moins de petits problèmes du quotidien, mais on partage des questionnements plus importants.
Alors non, la rentrée n’est pas forcément plus facile quand les enfants grandissent. Elle est simplement différente. Et chaque mois de septembre nous oblige, nous aussi, à nous adapter un peu. Peut-être qu’être maman, c’est finalement cela : passer des années à leur apprendre à devenir autonomes, puis devoir apprendre, de notre côté, à les laisser l’être.