Le mythe des 10 000 pas : vérité ou marketing ?

On l’a tous entendu au moins une fois : « Il faut faire 10 000 pas par jour pour être en bonne santé. » Le chiffre est devenu une référence. Les montres connectées l’affichent, les applications le rappellent, et beaucoup culpabilisent quand ils s’arrêtent à 7 000.

Mais d’où vient vraiment ce fameux objectif ? Et surtout : est-il scientifiquement fondé ?

À l’origine, une campagne marketing

Surprise : le chiffre ne vient pas d’une grande étude médicale. Il apparaît dans les années 1960 au Japon, à l’occasion du lancement d’un podomètre appelé “Manpo-kei”, ce qui signifie littéralement « compteur de 10 000 pas ». Le nombre était simple, rond, facile à retenir… et vendeur.

Autrement dit, les 10 000 pas sont d’abord une idée marketing. Cela ne veut pas dire qu’ils sont inutiles, mais simplement que le chiffre n’a pas été fixé à partir d’un seuil biologique précis.

Ce que dit réellement la science

Depuis, de nombreuses études ont analysé le lien entre nombre de pas quotidiens et santé. Les résultats sont intéressants :

  • Les bénéfices apparaissent bien avant 10 000 pas.
  • Chez les adultes sédentaires, passer de 3 000–4 000 pas à 6 000–7 000 pas réduit déjà significativement le risque de mortalité prématurée.
  • Au-delà d’environ 8 000 pas, les gains existent encore, mais ils augmentent plus progressivement.

En clair : chaque pas compte, et l’effet n’est pas tout ou rien. On ne passe pas de “mauvaise santé” à “bonne santé” en franchissant un seuil magique.

Pourquoi 10 000 pas restent une bonne référence

Même si le chiffre est arbitraire, il a un avantage : il donne un repère clair. Dans un monde très sédentaire, viser 10 000 pas pousse à bouger davantage. Pour beaucoup de personnes, cela représente environ 7 à 8 kilomètres par jour, soit une activité significative.

Le problème apparaît quand le chiffre devient une source de pression. Si vous faites 8 500 pas, vous n’avez pas “échoué”. Votre corps ne fonctionne pas avec un compteur binaire.

L’essentiel : la progression

La vraie question n’est pas « Est-ce que j’ai atteint 10 000 ? », mais plutôt :
Est-ce que je bouge plus qu’avant ?

Pour quelqu’un qui fait 2 000 pas par jour, viser 5 000 est déjà un changement majeur. Pour une personne active, 8 000 peuvent suffire. L’objectif optimal dépend de l’âge, de la condition physique et du mode de vie.

La science montre surtout une chose : sortir de la sédentarité est plus important que viser un chiffre parfait.

Intensité ou quantité ?

Autre point souvent oublié : la vitesse compte aussi. Marcher 6 000 pas à un rythme soutenu peut avoir plus d’impact cardiovasculaire que 10 000 pas très lents répartis sur toute la journée.

L’idéal ? Mélanger volume et un peu d’intensité, selon ses capacités.

Alors, mythe ou vérité ?

Les 10 000 pas sont clairement nés d’une stratégie marketing. Mais avec le temps, ils sont devenus un symbole utile. Pas une règle absolue. Pas une obligation médicale. Plutôt un repère pratique dans un quotidien trop immobile.

Au fond, la meilleure cible n’est peut-être pas un nombre fixe, mais une dynamique : marcher un peu plus, un peu plus souvent, et intégrer le mouvement dans sa routine.

Parce qu’en matière d’activité physique, la régularité l’emporte toujours sur la perfection.

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