Le jeûne intermittent, aussi appelé intermittent fasting, est une méthode alimentaire qui repose sur une idée très simple : alterner des périodes où l’on mange et des périodes où l’on ne mange pas. Contrairement aux régimes traditionnels, il ne dicte pas précisément quoi manger, mais plutôt quand manger. Cette approche séduit de plus en plus de personnes, car elle est souvent perçue comme plus souple, plus intuitive et plus facile à intégrer dans un mode de vie moderne.
D’où vient ce type de jeûne ?
Même s’il semble très tendance, le jeûne intermittent est loin d’être une nouveauté. Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, l’accès à la nourriture n’était ni constant ni garanti. Les périodes de chasse infructueuse ou de pénurie forçaient naturellement le corps à fonctionner en alternance entre abondance et restriction.
D’un point de vue médical, le jeûne était déjà recommandé dans l’Antiquité. Hippocrate, souvent considéré comme le père de la médecine, estimait que le repos digestif faisait partie intégrante du processus de guérison. Le jeûne est également présent dans de nombreuses traditions religieuses, ce qui montre qu’il est culturellement et biologiquement ancré dans l’histoire humaine.
La différence aujourd’hui, c’est que la science moderne permet de mieux comprendre ce qui se passe dans le corps lorsque l’on jeûne.

Pourquoi pratiquer le jeûne intermittent ?
Lorsque nous mangeons fréquemment, notre organisme fonctionne principalement au glucose. En revanche, après plusieurs heures sans apport alimentaire, les réserves de sucre diminuent et le corps commence à utiliser les graisses comme source d’énergie. Ce changement métabolique est l’un des mécanismes clés du jeûne intermittent.
Autre point important : le jeûne permet de réduire les pics répétés d’insuline, une hormone impliquée dans le stockage des graisses. À long terme, cela peut contribuer à une meilleure sensibilité à l’insuline, un facteur essentiel pour la santé métabolique.
Mais le jeûne intermittent n’est pas seulement physiologique. Beaucoup de personnes l’adoptent pour sa simplicité : moins de repas à organiser, moins de grignotage, et une relation plus apaisée avec la nourriture.

Comment mettre en place le jeûne intermittent ?
Il existe plusieurs formats, à adapter selon son niveau et son mode de vie :
- Le 16/8 : 16 heures de jeûne et une fenêtre alimentaire de 8 heures (par exemple de 12h à 20h).
- Le 14/10 : plus doux, idéal pour débuter.
- Le 5:2 : alimentation normale 5 jours par semaine et forte réduction calorique sur 2 jours.
- Le jeûne de 24 heures : plus exigeant, à réserver aux personnes expérimentées.
Pour bien commencer, il est recommandé de progresser graduellement, de bien s’hydrater (eau, thé, café sans sucre) et de conserver une alimentation équilibrée pendant les repas. Le jeûne intermittent ne compense pas une alimentation déséquilibrée.
Les bienfaits potentiels du jeûne intermittent
Les études scientifiques suggèrent plusieurs effets positifs possibles :
- Perte de poids et diminution de la masse grasse
- Amélioration de la sensibilité à l’insuline
- Activation de l’autophagie, un processus de recyclage cellulaire
- Réduction de certains marqueurs inflammatoires
- Meilleure clarté mentale et sensation d’énergie accrue (souvent rapportées)
Il est toutefois important de rappeler que le jeûne intermittent n’est pas adapté à tout le monde. Les personnes souffrant de troubles alimentaires, les femmes enceintes ou allaitantes, ou celles sous traitement médical doivent demander un avis professionnel.